VALENCIA ET FALLAS
Place de la cathédrale, des donas et des hidalgos
passent dans la lumière liquide,
parmi la foule, parmi les fleurs...
Aux balcons le soleil s'accroche,
Plantes du sud et lanternes,
Drapeaux et guirlandes de fête...
Citronniers offrant leur bouquet.
On marche dans les rues en liesse...
Dans le bruit crépitant des pétards, à l'heure assourdissante des masclétas,
On va de Fallas
en Fallas...
d'ombreuses plazas,
en ruelles ocres...
de rues tranquilles,
en terrasses,
On s'enfonce dans les quartiers,
dans le parfum des orangers,
Plus loin, dans un marché improvisé,
Couleur d'Amérique Latine,
couleurs d'écharpes chamarrées,
de broderies et de poupées,
Couleur d'enfance
qui ne fait pas que jouer à la marchande...
On flâne d'étal en étal...
Il y a des artistes des rues, poètes du surréel...
d'autres aux farces ingénues...
La cité offre mille attraits...
Des chourros pour les gourmandes,
Pommes d'amour, noix de coco, amandes grillées et sucettes...
Et des régals pour les yeux au goût tout chauffé de soleil...
Et des balcons acidulés,
Et des maisons au caramel,
D'autres de pistache et de fraise,
d'abricot et de mandarine...
de chocolat blanc, de framboise...
A faire sourire les statues éphémères des Fallas...
A faire s'envoler des poissons,
Oublier les rigueurs du monde,
Dans des symphonies de gaieté...
Car la promenade est si belle,
On fait les boutiques en famille...
On s'arrête devant les vitrines...
On se ballade, nez en l'air...
Quartier de ciel sur pan de mur...
Quartier de mur sur pan de ciel...
Surprise à chaque coin de rue...
Des contes des nuits en plein jour,
Des allégories,
Des amours...
Une coquine invitation,
Que l'on se hâte vers les possibles de la fête,
Qu'on fasse une pause enfantine,
Que l'on rencontre des amis...
Il y a des cours fleuries,
De drôles de portes historiées,
D'austères architectures,
Des passages très animés,
Des projets de neuf,
Des chantiers qui dorment quand passent les belles demoiselles,
Des vendeuses de colifichets,
Et des marchands de paëlla,
Des indiens au coeur de la ville,
Des africains...
On peut faire emplette de tout,
Et de bien d'autres choses encore...
Se pourlécher de fruits confits,
Se parer d'un éventail,
Déambuler sur la Plaza des Torros et devant la Station du Nord,
Rêver la paix,
Se souvenir...
Croiser des silhouettes grotesques...
Et toujours des vives couleurs,
Toujours des costumes de fête...
Des maisons au teint de bonbon...
Des balcons et des clochetons...
Sous le regard des statues des Fallas...
Et sous la garde de la Vierge des Fleurs.
Copyright Muriel NAJEAN de BEVERE. Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.