KILLARNEY, DOMAINE DES FEES
Défendu par les brumes est le pays des fées...
On dit que sous les fleurs, parfois, elles se cachent...
Qu'elles vivent près des lacs...
Et enchantent les arbres...
Que leurs ailes sont couleur de pétales rosés...
Qu'elles aiment les eaux vives...
S'abreuvent de rosée...
On dit de prendre garde à bien les saluer...
On dit que c'est à elles qu'appartient la nature...
Et qu'au petit matin...
Derrière les genêts on peut les voir passer...
On dit qu'elles commandent aux bêtes...
Qu'elles dansent sous la pluie sans se mouiller...
Qu'elles parlent le langage des fleurs...
Et des mousses...
On dit que la forêt...
En son coeur mystérieux...
Ouvre des portes sur leur royaume...
On dit que c'est pays d'éternelle jeunesse...
Où les arbres...
Les eaux...
Et les plantes...
Sont fées...
On dit que leurs empreintes se changent en pétales...
Qu'elles volent, tournoyantes, dans le fouilli des branches...
On dit qu'elles sont partout...
On dit que les cascades...
Résonnent de leurs rires...
Et que les eaux sont leur miroir...
On dit que le silence est fait de leurs soupirs...
Qu'elles habitent l'envers...
Le creux caché des choses...
On dit que sur les plages...
Elles marchent les pieds nus...
Et qu'au coeur des sous-bois...
Elles chantent en silence...
On dit que les genêts sont monnaie d'or pour elles...
Que le ciel est d'argent...
Qu'il n'est pas un insecte...
Qu'elles ne nomment par son prénom...
On dit qu'elles peuvent prendre l'apparence d'un arbre...
D'une touffe de trèfle...
D'un ruisseau qui s'enfuit...
Ou d'un pied de fougère...
On dit qu'elles sont légères comme fleur d'azalée...
Vieilles comme le monde...
Jeunes comme le temps...
On dit qu'elles vont parfois jouer dans les jardins...
Délaissant les forêts...
Charmant les pâquerettes...
Balançant au soleil l'ombrelle des prunius...
On dit qu'elles savent le chemin des racines...
Le cours ombreux des branches...
L'itinéraire de l'herbe...
On dit que toute chose qui tombe vers sa fin...
Toute chose qui meurt...
Est bercée par leur voix...
On dit qu'elles voient tout...
Connaissent les amants...
Comme elles savent les feuilles...
Les plantes d'eau...
Les mousses...
On dit qu'elles vont toujours...
Là où l'étrangeté...
Habille la nature...
On dit que les coeurs simples peuvent seuls les suivre...
Et qu'elles laissent des signes pour ceux qui les connaissent...
Et qui savent les lire...
On dit que ce sont elles qui font croître les plantes...
Et qui font fleurir l'herbe...
On dit qu'elles ont la force et la perdurance du lierre...
On dit que leur baiser a le goût des jacynthes sauvages...
On dit que leurs lèvres sont roses...
Que leur royaume est éternel...
Couleur de trèfle et de sous-bois...
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